Quels sont les impacts sociaux des mines d’uranium sur les populations avoisinantes?

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Crédit photo Alberto Otero García

Retour sur la semaine 2 des travaux du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement.

Mardi et mercredi dernier, la santé était la thématique à l’honneur aux audiences du BAPE. Plusieurs experts sont venus discuter des impacts des projets uranifères sur la santé des populations avoisinantes. Un thème qui fait beaucoup jaser lorsqu’il est question de l’exploitation d’une ressource aussi toxique que l’uranium.

En effet, nous entendons souvent parler des cas de cancer pouvant se développer chez les habitants demeurant près des mines ainsi que des effets sur la santé des employés miniers. Mais un autre point à ne pas négliger est les impacts psychologiques et sociaux qu’engendre le développement d’une mine d’uranium.

Effets psychologiques et sociaux spécifiques à l’uranium

La présentation de madame Geneviève Brisson, anthropologue à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), nous a permis de bien saisir tous les impacts que produisent le développement uranifère dans une communauté éloignée.

  • Effets sur la qualité de vie en cas d’accidents technologiques
  • Anxiété et dépression face aux risques pour la santé associés à l’uranium
  • Frustration et désarroi associés à la gestion du risque et aux impacts à long terme
  • Perte de confiance envers l’autorité
  • Déplacements et expropriations  des communautés causées par des territoires contaminés

Spécifiquement les mines d’uranium ont aussi des effets sur l’équité entre les communautés. Certaines populations locales sont surexposées aux inconvénients liés aux déchets miniers et à la dégradation de l’environnement. Aussi, plus elles sont éloignées des centres de décisions, moins elles ont de pouvoir et des ressources pour faire entendre leur position.

Uranium = nucléaire

Sociologiquement, les mines d’uranium diffèrent des autres mines en raison de l’association du minerai au nucléaire.

Avec une telle perception, les gens sont en droit de s’interroger sur les coûts à long terme de l’exploitation de l’uranium dans leur collectivité, notamment sur la gestion des infrastructures et des déchets miniers lorsque la mine sera fermée. Ces éléments peuvent engendrer un bilan socioéconomique négatif s’ils ne sont pas pris en compte.   

Résultats peu documentés

Actuellement, en dehors d’incidents technologiques, les résultats concernant les impacts des mines d’uranium sur la qualité de vie sont peu documentés. Toutefois, un point ressort l’accès à l’eau potable peut être difficile, voir compromis, par le développement de la filière uranifère.

Il est donc important que nous produisons plus d’études concernant les impacts sur les populations. Voilà pourquoi nous devons mettre davantage de temps à la planification du développement de mine d’uranium qu’à limiter les dégâts une fois les mines en opération.

Pour suivre les séances du BAPE : http://bit.ly/1ktIuAH